NEW : LE MAFIA MOVIE TOUR - MAFIA TOUR 12
DIXIÈME SÉANCE : THE VALACHI PAPERS – 1972
Directed by Terence Young. With Charles Bronson, Lino Ventura and Jill Ireland. The Valachi Papers

S'il fallait choisir un film révélant avec le plus de soin et des sources avérées le phénomène de "la" Mafia, une appellation fallacieuse tant elle est protéiforme et mutable, on choisirait "The Valachi Papers" et pourtant ,le film de Terence Young, sorti la même année que le "Lucky Luciano" de Francesco Rosi; n'est pas "un film de mafia si l'on prend les "Parrain" de Francis Ford Coppola comme aune incontestable..
"Tha Valachi Papers" de Terence Young ne raconte pas la saga d'une famille de Siciliens imaginaires (les Corleone), son passé idéalisé, son implantation en Amérique, son adaptation au capitalisme sauvage et à l'écosystème anglo-protestant, ses conflits avec les autorités et la concurrence criminelle ; sa lente transformation et son entrée dans l'univers post-moderne - mais l'histoire sourcée et avérée d'un petit criminel "adopté" par Vito Genovese, le rival de Luciano, qui lui offre une place de chauffeur (de volant, dit-on dans l'argot de la pègre) ; parraine son mariage avec la fille d'un mafieux éminent et lui permet de rentrer dans "la famille" après serment.
Ce petit criminel, Joseph Valachi, né dans l'East New York d'une famille napolitaine, s'il n'est pas un boss, a fait partie du gang des Minutemen avant de créer sa propre bande. Personnage intermédaiire, il monte dans la hiérarchie en tuant sur gages et finit par en savoir assez long pour que Genovese (interprété par Lino Ventura) revenu de Sicile, le soupçonne de vouloir le trahir dans un contexte de guerres internes et de concurrence féroce se référant au tout nouveau trafic de stupéfiants.
Mis sous pression par un agent spécial du FBI, puis par la justice, Valachi, interprété par Charles Bronson, se sentant en danger de mort et craignant pour la vie des siens, craque et cède aux pressions de l'enquêteur du FBI qui l'amène à confesser ce qu'il sait et à dénoncer des dizaines de membres de sa famille criminelle.
Là où le film va au-delà du divertissement et de l'entretien de la flamme maléfique de la Mafia, c'est qu'il s'appuie sur de vrais dossiers criminels (FBI, Commission du Sénat) et sur le témoignage du principal intéressé, transformés en livre à succès par le Sénateur Bob Kennedy qui, en pleine croisade anti-mafia, a commandé une biographie au journaliste Peter Maas qui en fera le bestseller que Dino de Laurentis, le producteur napolitain, demandera à Terence Young de transformer en long métrage.
C'est la structure de ce biopic évoqué par le premier repenti de l'histoire de la mafia qui donne à "Costa Nostra" (le titre français) sa valeur pédagogique. Car Valachi, cuisiné en direct télévisé par les Sénateurs est amené à dire ce qu'il sait du fonctionnement de l'American Mafia : la cérémonie de l'image du saint brûlé dans le creux de la main, le symbole du pistolet et de la dague, la loi du silence, l'organisation "romaine" des familles : le boss, l'underboss son lieutenant, le conseiller, les chefs et leurs soldats : la répartion des territoires entre les 5 familles, l'existence d'une Commission qui arbitre les conflits dans tout le pays, ainsi que le nom, les surnoms et la spécialité d'une grosse centaine de membres des différentes branche de cette pieuvre criminelle.
Les auditions de la commission sénatoriale dirigée par le Sénateur Mc Leland, comme celles de la comission Kefauver dix ans plus tôt, remporte un énorme succès... télévisuel. L'Amérique – à qui l'on a fait croire que la Mafia était une fable mise en scène par les médias et le racisme anti-italien - découvre qu'elle a été corrompue de l'intérieur par une organisations incroyablement efficace.
L'autre atout maître des "Valachi papers", tent à la manière dont Trerence Young exhibe l'hyper violence des criminels de ce temps-là. La scène de l'émasculation du meilleur ami de Valachi lue dans les yeux avant qu'apparaissent une lame ensanglantée, est difficilement soutenable. Ce qui donne à penser quand on se rappelle à la pudeur en la matière des Parrain. Montrer ou ne pas montrer l'horreur est un marqueur dans ce cinéma de genre. Des évitements de Coppola à l'hyperviolence de "Pulp Fiction", on ménage les criminels et leurs pratiques. Quand sortira le film qui fera des tortionnaires de "Murder Inc." des héros sympathiques ? Qui osera une "Candystore Story" flattant le sadisme de la kasher nostra au service des frères Anastasia et des gangs judéo-italiens ?
Là où le miroir Valachi est déformant, c'est lorsque cet affranchi, bien informé mais de second rang (il n'assiste pas aux réuunions de la Commission suprême) parle le premier de "cosa nostra", "thing of ours", "nos affaires", autrement dit "nos oignons" ; et que le FBI puis les Sénateurs en font le substantif conceptuel de : "la Cosa Nostra" (Souce Salvatore Lupo, Dickie, Raab) ; sobriquet qui cristallise l'opinion public et devient l'arbre qui cache la forêt, l'organisation réelle étant bien plus anarchiques, mutables et conflictuelle que sa présentation militaire sous forme d'organigrammes envahissant que les "unes" de journaux, les murs des salles d'interrogatoire et les écrans de quartiers ne le laisse supposer. Une fois de plus, grâce à la puissance des mass-médias, du showbiz et de la culture Pop, aiguillonnée par la presse hard-boiled, l'l'American Mafia sera parvenue à impressionner l'opinion, même si, à court terme, la trahison de Valachi, premier membre de la famille à avoir brisé la loi du Silence, provoqua la chute des Genovese et de tout un pan de la criminalité organisée dans les années 60.
Côté présence italienne au générique, un autre marqueur efficace, on remarque que la distribution de ce film-là est mixte. Que le jeu figé de Bronson n'a pas grand-chose de latin. Que Lino Ventura, italo-français de Parme, a la tête de l'emploi mais qu'il ne fait pas états-unien pour autant. Le label Italia est en reanche garanti par le producteur (Dino De Laurentis) et par les acteurs transalpins qu'il met à l'affiche : Guido Leontini, Amedeo Nazzari, Fausto Tozzi, Pupella Maggio et Angelo Infanti, auxquels il faut ajouter les hommes des arts de la scène où les compatriotes du producteur excellent : éclairagiste, maquilleurs, décorateurs et consorts, le film ayant été tourné à New York mais également en studio à Rome.
On pourrait ajouter à cela que la sortie du film a été accélérée de manière qu'il bénéficie du succès planétaire du premier Parrain de Coppola, un vrai "film de mafia" quant à lui dont Bronson (jaloux ?) déclarera que c'était le puis mauvais film de gangsters qu'il n'ait jamais vu.
N'en reste pas moins ce conseil : "Cosa Nostra" (titre français) est un précis de vraie histoire de la guerre des Castellamresi aux prémices de sa première mort annoncée..
Synopsis
Au pénitencier fédéral d'Atlanta, un prisonnier vieillissant, Joseph Valachi, est emprisonné pour trafic d'héroïne. Son patron, Don Vito Genovese, parrain de la famille du même nom, est aussi emprisonné là-bas. Genovese est certain que Valachi est un informateur et lui donne le baiser de la mort. Valachi tue par erreur un codétenu qu'il pense à tort être à la solde de Genovese. Averti de l'erreur par des agents fédéraux, Valachi devient un informateur, le premier dans l'histoire de la mafia.
(A SUIVRE SUR LE FACEBOOK DE MARIO ABSENTÈS MORISI)
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Mis à jour ( Lundi, 06 Avril 2026 08:32 )






































