NEW : LE MAFIA MOVIE TOUR - MAFIA MOVIE 06
CINQUIEME SEANCE, SECONDE PARTIE :

"La Trahison de Gotti" de 1998 tourné par Thaddeus O'Sullivan.
Si l'on considère que "Little Ceasar" est une préfiguration du film qui évoque la Mafia sans en faire le sujet principal, à l'image du premier "Scarface" (Paglo Larrain, 1932), on peut dire que Les "Parrain" de Francis Ford Coppola et les "fables" de Martin Scorsese ont modelé le genre, permettant à une ribambelle de films et téléfilms d'en exploiter la veine du début des années 70 à la fin des années 90. Dans le genre, toujours au sujet de Gotti, la star glamour de ces années là, poussons la porte d'un vieux theater movie de Williamsburg ou de Red Hook et visitons "Witness to the Mob", intitulé "La Trahison de Gotti" en français.
Introduction... Brooklyn-Bensonhurst, NY, 1972. Le film de O'Sullivan commence comme un film de gangster : deux jeunes malfrats, Nicholas Turturro (Sam), et Michael Imperioli (Mike), qui allaient tous deux profiter puis pâtir du label "acteurs de mafia", essaient de voler une belle Américaine. Ils tardent à actionner le démarreur, trouvent des bijoux et un masque à bord, sont aperçus par les propriétaires, tentent de fuir, percutent un véhicule à l'arrêt et se font allumer puis arrêter par la police.
Deuxième séquence : Sam-Turturro délivre un prêchi-prêcha en voix off, ce qui fait comprendre au spectateur que le film sera raconté du point de vue de Sam "The Bull" Gravano, petite frappe qui deviendra l'underboss de la famille Gambino.
Troisième séquence : "19 ans plus tard", on retrouve le garçon endossant une salopette orange. A noter que le séjour en prison est un rite initiatique quand on veut devenir un mafieux digne de ce nom, une épreuve qui montre qu'on sait tenir sa langue et demeurer solidaire avec la famille.
Suite : Libéré, Sam nous conduit dans le fief des Rampers, la bande à laquelle il appartient, qu'il décrit "comme un élevage pour la Cosa Nostra". "La question est maintenant de savoir qui serait appelé le premier pour faire partie de la Famille.
Suite : Plongé dans l'atmosphère chaleureuse d'un social-club, on voit défiler un générique à majorité "américaine", "anglosaxonne" et "ashkénaze", ce qui met en évidence l'italianité du premier nom d'acteur apparu (Nicholas Turturro), précédent Debi Nazar et Abe Vigoda, et son acolyte Michael Imperioli. Suit l'incontournable Frank Vincent. Marqueur onomastique italien, le directeur de la photographie s'appelle Frank Prinzi, et un des trois producteurs exécutifs... Robert De Niro !
Deux minutes à peine se sont écoulées lorsqu'apparaît une masse de billets de banque et le visage des Rampers, en train de pasticher des répliques du Parrain de Francis Ford Coppolla, à moins que cela ne soit "Mean Streets" ou "Les Affranchis" de Scorsese.
A 3 mn 20 au prompteur, décharge d'hormones avec l'arrivée d'une bimbo explosive au bras d'un collègue criminel.
Vers les 4 mn, le rendez-vous au Burger du coin avec celle qui va devenir Madame Gravano, un zest de romantisme ne nuit pas, il a beau faire fondre les bébés dans la soude caustique, le soldat de mafia est capable d'amour.
D'amour mais également d'amitié virile, Sam et son binôme Mike sortent d'une épicerie kasher en parlant de leurs petites amies, celle de Mike est juive. Comme sont juifs les noms des producteurs exécutifs qui accompagnent De Niro dans la production de ce téléfilm : Rosenthal et Epstein – le ciné US et Hollywood ne sont-ils pas nés avec la bénédiction de ses deux sources ethniques de l'identité états-unienne ?
Le noir n'a été fait que depuis cinq minutes quand l'action se précipite, un Tony (Acevedo, qu'on reverra dans "A Thing of Yours" de Provenzano) présente un oncle qui a besoin qu'on liquide un insolent qui lui a manqué de respect. La tractation se noue depuis la portière de la voiture, c'est ok, Sam est partant.
A six minutes on a assisté à l'assassinat de Jo Colucci, l'indélicat installé à la place du passager dans la voiture de Tony, quelques répliques ping-pong au sujet d'un morceau de T-Rex, et pfttt, une balle dans la nuque et un trou creusé dans la nuit. 'Trois ans plus tard, dit la voix off de Sam, j'ai appris que Joe n'avait trahi personne mais que Tony avait des vues sur sa femme, ils se sont mariés peu de temps à prêts."
La suite est cadencée, Sam nous gratifie d'une " Ce que j'ai appris", puis on le voit courtiser une fille nommée Debra, lui promettre monts et merveilles. Il n'est pas du genre "à croupir à Bensonhurst" toute sa vie. Il veut pouvoir dire : "Tu vois le gratte-ciel sur la 56e, c'est moi qui l'ai bâti ! Comme il rapporte gros aux gens qui comptent dans le milieu, Todo Aurello, un boss estimé de la famille Gambino, lui annonce qu'il a été choisi pour entrer dans la hiérarchie, il devra venir au rapport deux fois par semaine...
La suite est Cosa Nostra Vintage. Le boss en pardessus sombre donne une leçon d'échecs au jeune homme. Les pions se sacrifient pour protéger les fous et les cavaliers, dans notre "borgata" ont les appellent des "capi" qui protègent le roi, le roi ne doit jamais être exposés..." Conclusion satisfaite du boss au chapeau et à l'écharpe : "Ca ira, ça ira, il apprendra vite."
Morale de l'affaire, le jeune loup de la Mafia est un ambitieux qui fait carrière comme celui de n'importe quel secteur, de Town Hall à Wallstreet.
La suite ne vous sera pas révélée. Sam, qu'on appelle "La Brute", un soldat redoutable, est aussi un homme d'affaires qui s'attaque au secteur du BTP et fait fortune en rackettant ses partenaires avec l'aide des syndicats. Au pont d'éveiller des jalousies et les soupçons de Big Paul Castelano, qui essaie de se débarrasser de lui. Fidèle à la vérité historique, que l'on connaît grâce aux archives du FBI, Sam s'allie à Gotti qui en fait son lieutenant. L'ascension des deux hommes est sanglante. Ils liquident les uns et les autres, se frottent aux autres familles, finissent par se dresser l'un contre l'autre, jusqu'à la décision de Sam de ne plus jouer les boucs-émissaires et de tout balancer. Comme dans le monde réel, il obtient le statut de témoin assisté après avoir dénoncé la presque totalité des membres de la famille Gambino. La voix off a dès lors beau jeu de pontifier : "Je le savais maintenant, dit Sam repenti après 5 ans de réclusion, toutes nos histoires d'honneur, de loyauté, de fidélité, c'était un ramassis de mensonges. Dans la réalité, c'était un coup de couteau dans le dos après l'autre.... Maintenant il n'y a plus de famille..."
Dans un jeu de ping-pong plein d'amertume, John et Sam se renvoient la balle jusqu'au mot fin : Gotti persiste et signe, il restera fidèle à la morale et à l'honneur. Cosa Nostra jusqu'à la mort... "Comment peut-il (Gravano) se regarder dans la glace après ce qu'il avait fait à sa famille, ses amis..."
Morale de l'affaire : Pris dans cet affrontement bipolaire, le spectateur finit par prendre parti : lequel des deux salauds choisir ? une contamination perverse, une addiction au prochain film de mafia ?

"La Trahison de Gotti" ("Witness to the Mob") est un téléfilm américain réalisé par Thaddeus O'Sullivan et diffusé en 1998.
Casting : Nicholas Turturro, Tom Sizemore, Debi Mazar, Abe Vigoda, Franck Vincent, Frankie Valli, Michael Imperioli, Vincent Pastore....Vincent Pastore (VF : Bernard Métraux) : Mikey De Batt
Synopsis
L'ascension et la chute de Sammy Gravano, membre de la famille Gambino, qui allait devenir le lieutenant du parrain John Gotti, avant de devenir une balance pour le gouvernement et le FBI.
Mais laissons Gotti et les Gambino et allons prendre un verre avec le tout petit gars en costard qui ne sucent pas des glaçons au comptoir de Chez Colette, à deux pas du pont de Williamsburg. A son accent et à son costume clair, on comprend qu'il vient de la côté Ouest. Tendons l'oreille...
Mis à jour ( Lundi, 06 Avril 2026 08:32 )






































