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HUTIÈME SÉANCE : "BEAU JAMES", LE MAIRE CROONER


Que la projection de la sixième séance ait lieu dans un multiplex vintage du Lower East Side ou sur votre home cinéma, elle mérite que nous la passions au marbre, Car dans le parcours initiatique Spécial Fim de Mafia nous tenons à mettre en évidence les longs métrages où le Crime Organisé reste tapi dans l'ombre, qu'il y tienne par nature ou que les auteurs des films qui les mentionnent estiment plus prudent de ne pas la mettre en cause...s

"Beau James" est une comédie qui raconte "l'histoire vraie" de Jimmy Walker qui fut maire de New York de janvier 1926 à septembre 1932. Une comédie qui raconte l'ascension d'un bellâtre interprété par Bob Hope, le George Clooney de l'époque. Une comédie dans la comédie puisque la balade "M'aimerez-vous en décembre, comme vous m'aimez en mai", est un air qu'il interprétait en public chaque fois qu'il était de sortie, c'est-à-dire à peu près tous les soirs...

L'entrée en matière de "Beau James" est classique, "M'aimerez-vous" nous accompagne jusqu'à la sortie d'une voiture de luxe où, élégant à l'anglo-saxonne, le futur maire de la Grosse Pomme refuse de confirmer sa candidature pour le parti démocrate. Quelques instants plus tard, une éminence grise du Parti, membre de la machine électorale qu'on appelait Tammany Hall, le met en présence de son épouse, qui, séparée de corps d'avec son époux, lui annonce qu'elle se sacrifiera pour sa carrière en dépit de son infidélité chronique.

La figure de Jimmy Walker, qui démissionnera à la suite d’un scandale financier dont il sera la victime plus que le bénéficiaire, est emblématique du miroir aux alouettes mis à profit par les bénéficiaires légaux et illégaux de la Prohibition (1920/1933). Amoureux d'une danseuse qui s'inquiète pour lui, c'est un gentil qui offre des fleurs aux mamies dans la rue et, quasiment socialiste, se déclare en faveur de l'intérêt général, contre les profiteurs ; bon, il ne boit pas que de l'eau, il s'endort sur les bancs publics pour cause de nuit blanche, ce qui ne l'empêche pas de courir le bulletin de vote en chantant en italien dans les quartiers italiens, en dansant le tip-tap avec une gosse noire à Harlem, de s'égosiller en allemand et de se ridiculiser devant un parterre d'émigrés de l'Est de l'Europe en les confondant les uns avec les autres. Plus intéressant, un clou du film avec la love-story, est ce duo avec Jimmy Durante, star italo-américaine du music-hall qui donne à voir la corruption de ses policiers pendant qu'une bande de malandrins rackettent le bourgeois dans son dos. Walker mal à l'aise alors que court le bruit qu'il va quitter la ville pour l'Europe avec sa danseuse ? Pas le moins du monde, élégant en diable, il interprète "East Side West Side", un blockbuster ces années-là et c'est dans la plus pure tradition de la comédie américaine que son tour de force s'achève sous les applaudissements des personnalités convoquées pour un Gala électoral.

Le réalisateur, suivant le livre éponyme écrit par un ami, ne lésine pas côté symbole. Walker est du côté des petites gens et des pauvres. Hélas pour lui, le moment qu'il choisit pour donner dans le social contre l'avis de ses conseillers, tombe en plein Krach de Wall Street et la fin de sa mandature est marquée par une commission d'enquête qui met en évidence l'influence du crime organisé italo-sicilien dans le BTP et les appels d'offre. Tout cela vient en renfort de notre thèse. La volonté de Jimmy de ronronner avec sa danseuse et d'ignorer ce qui se passe dans son dos, sert à dissimuler la collusion entre Tamanny Hall (le Parti démocrate) et les rois du crime, collusion Italian-friendly suggérée par l'apparition de Jimmy Durante, sorte de Maurice Chevalier italo-américain et préfiguration du "rat pack" ou de Tommy Bennett, dont l'emploi récurrent dans les films de mafia est un des marqueurs. Simple supputation ? On ne le croit si l'on se rappelle que la sortie de cette bluette bonbon fondant date de 1957, l'année la Commission de Cosa Nostra à Palerme (voir Lucky Luciano de Rosi), de la rencontre entre Luciano, sa famille et les autres familles mafieuses à La Havane, mais surtout de l'année de Appalachin, où, la police de l'État capture la quasi-totalité des parrains de Cosa Nostra et de leurs complices. L'affaire fait grand bruit au point qu'Arslinger, le boss de la lutte anti-narcotiques, triomphe de Hoover qui prétend qu'il n'y a jamais eu de Mafia et qu'il s'agit d'une invention des journalistes que les criminels mettent à profit pour terroriser la population. Qu'il n'y ait aucune allusion à ces familles organisées comme des sociétés anonymes ou comme une armée, signe la puissance occulte de la Commission qui noyautait le syndicat des projectionnistes, des figurants et avait investi dans les majors à partir d'Hollywood, tel qu'on le voit dans les ouvrages évoquant les figures de George Raft, Lana Turner ou "L.A. Confidential". Ajoutons que la disparition de Walker de la vie publique correspond avec la fin de la Prohibition et avec l'avènement de F. D. Roosevelt et de Fiorello LaGuardia (père italien mère juive), un maire Républicain (1934-45) décidé à lutter contre la corruption et les liaisons dangereuses de l'administration avec Cosa Nostra, LaGuardia, un fils du peuple ancien conseiller du 14e District (Williamburg) qui combattra fera la une des journaux un masse à la main dans un parc de bandits manchots. Rien de tout cela dans le biopic d'un de l'auteur du "Tu m'aimeras en novembre...". Sans doute parce que Gene Fowler et le réalisateur Shavelson étaient de bons amis du vrai Jimmy...

"Beau James" est un film dramatique américain dirigé par Melville Shavelson avec Bob Hope, Vera Miles, Paul Douglas et Alex Smith. Le film est tiré sd'un livre de non fiction éponyme de Gene Fowler. Le film montre Bob Hop dans l'un de ses rares rôles drmatique, en Jim Walker, le pittoresque mais controversé maire de New york de 1926 to 1932.

Synopsis

Sur l'instigation du gouverneur Walter Catlett, James-J. Walker porte sa candidature à la mairie de New York en 1925. Il est élu, ce qui l'oblige à se rapprocher de sa femme dont il était séparé. Walker, inconstant, ne tarde cependant pas à s'engager dans une nouvelle aventure. Le peuple oubliera la liaison de son premier magistrat avec une chanteuse de cabaret et l'élira de nouveau. Walter se retirera avant d'être destitué. Était-il vraiment un honnête homme ?

 



Mis à jour ( Lundi, 06 Avril 2026 08:32 )